Le monde du rétro-informatique a un problème que connaissent bien tous ceux qui continuent à utiliser leurs machines d’origine : comment obtenir une belle image sur un téléviseur ou un moniteur moderne sans dénaturer le rendu de nos vieux ordinateurs et consoles ?
RetroTINK apporte une nouvelle réponse avec le RetroTINK-6X CE, un processeur vidéo annoncé fin août 2026 qui reprend une grande partie des technologies développées pour les très haut de gamme RetroTINK-4K, mais avec un tarif nettement plus accessible.
Commercialisé 230 dollars, le RetroTINK-6X CE pourrait bien devenir l’un des appareils les plus intéressants du moment pour les passionnés utilisant encore du matériel original.
Du 1440p pour nos vieilles machines
Contrairement au RetroTINK-4K CE, capable de produire une image jusqu’en 4K, le nouveau 6X CE se limite à une définition maximale native de :
2560 × 1440 pixels à 60 Hz.
Cela permet à RetroTINK de réduire considérablement le coût du matériel tout en conservant une grande partie de son système de traitement vidéo.
Le processeur fonctionne avec une fréquence maximale de 300 MHz, contre environ le double pour les modèles 4K.
Mais pour une machine affichant initialement du 240p, du 288p, du 480i ou du 576i, cette définition de sortie reste largement suffisante pour obtenir une excellente image sur un écran LCD ou OLED moderne.
RetroRGB considère d’ailleurs le nouveau modèle comme un RetroTINK à 230 dollars offrant une grande partie des possibilités des modèles RetroTINK-4K.
Une connectique particulièrement intéressante pour le rétro
C’est probablement l’un des aspects qui intéressera le plus les membres d’un club de rétro-informatique.
Le RetroTINK-6X CE est avant tout conçu pour accepter des sources vidéo analogiques.
Il dispose notamment de connexions :
● RGB via SCART/Péritel ;
● VGA / RGBHV ;
● RGBS ;
● RGsB ;
● YPbPr composante ;
● S-Vidéo ;
● vidéo composite.
Le connecteur VGA/HD15 situé à l’arrière accepte lui-même plusieurs de ces formats.
On trouve également une entrée SCART ainsi que des entrées Composite et S-Vidéo facilement accessibles en façade.
Autrement dit, le boîtier peut être utilisé avec une quantité impressionnante de machines rétro.
Pour les amateurs de micro-informatique, on pense naturellement aux Amiga, Atari ST et différents ordinateurs disposant d’une sortie RGB adaptée.
Pour les consoles, les PlayStation, Saturn, Mega Drive, Super Nintendo, Neo Geo et de nombreux autres systèmes peuvent également en profiter suivant leur connectique.
Et même nos Commodore 64 peuvent bénéficier du traitement vidéo du RetroTINK via leur sortie Composite ou, de préférence, S-Vidéo avec un câble approprié.
Transformer le signal, pas l’émuler
Il faut toutefois bien comprendre le rôle du RetroTINK.
Le 6X CE n’émule pas la machine et ne recrée pas l’image comme peuvent le faire certains émulateurs.
Il travaille directement à partir du signal vidéo produit par le matériel original.
La qualité finale dépend donc toujours de la machine, de son signal vidéo et surtout du câble utilisé.
Une console reliée en RGB ou en YPbPr donnera généralement une image bien supérieure à la même machine connectée en Composite.
Le fabricant insiste d’ailleurs sur ce point : un scaler ne peut pas recréer des détails qui ont déjà disparu dans un mauvais signal vidéo.
Un traitement vidéo hérité du RetroTINK-4K
C’est ici que le 6X CE devient particulièrement intéressant.
Le nouvel appareil utilise une architecture de traitement reposant sur un pipeline interne 12 bits en lumière linéaire, directement dérivé de celui des RetroTINK-4K.
Parmi les fonctions proposées, on trouve notamment :
● traitement interne RGB 12 bits ;
● sortie HDR10 ;
● correction colorimétrique ;
● réglage du gamma ;
● mise à l’échelle libre ;
● correction automatique du ratio 4:3 ou 16:9 ;
● désentrelacement adaptatif ;
● réglage du cadrage et du zoom ;
● profils enregistrables sur carte SD.
Le système dispose également de mécanismes automatiques d’échantillonnage et de phase permettant d’obtenir une image particulièrement nette avec les consoles et ordinateurs produisant un signal vidéo adapté.
Et surtout : la simulation CRT
Pour les amateurs de rétro, une image parfaitement nette n’est pas forcément l’objectif ultime.
Nos jeux ont été dessinés à une époque où les pixels étaient affichés sur des tubes cathodiques.
Scanlines, phosphores, diffusion de la lumière et structure du masque participaient au rendu visuel.
Le RetroTINK-6X CE reprend précisément une partie des outils très évolués développés pour les RetroTINK-4K.
Il peut simuler différents comportements de tubes cathodiques avec :
● plusieurs profils de faisceau CRT ;
● scanlines configurables ;
● masques CRT ;
● modulation de l’intensité ;
● simulation de signaux entrelacés ;
● traitement HDR permettant d’augmenter la crédibilité lumineuse des effets CRT.
Des profils préparés notamment par FireBrandX, Wobbling Pixels et la communauté RetroTINK sont également proposés.
Il devient alors possible de passer d’une image « pixel perfect » extrêmement nette à une reproduction beaucoup plus proche d’un moniteur CRT.
Le retour du 120 Hz et du Black Frame Insertion
Le RetroTINK-6X CE peut également produire certaines résolutions à haute fréquence, notamment du 1080p à 120 Hz.
Cela permet d’utiliser le Black Frame Insertion, ou BFI.
Le principe consiste à insérer des images noires entre les images affichées afin d’améliorer la netteté des objets en mouvement sur les écrans modernes.
Cette technique cherche notamment à retrouver une partie de la netteté en mouvement caractéristique des écrans CRT.
Le système employé par RetroTINK permet d’ajuster ce comportement grâce à son système de BFI variable.
Quelques concessions par rapport au RetroTINK-4K
À 230 dollars, certaines concessions étaient évidemment nécessaires.
La principale est claire :
pas de véritable sortie 4K.
Le RetroTINK-6X CE s’arrête au 2560 × 1440.
Il propose néanmoins certains modes particuliers, dont du 3840 × 1080 à 60 Hz, que RetroTINK utilise notamment pour produire certains masques CRT particulièrement fins.
Autre différence importante : le 6X CE ne possède pas d’entrée HDMI.
Il est donc avant tout destiné aux équipements analogiques.
Les traitements du 1080i sont également moins sophistiqués que ceux proposés sur les modèles les plus puissants en raison d’une bande passante mémoire plus limitée.
Pour nos machines 8, 16 et 32 bits utilisées principalement en 240p, 288p, 480i ou 576i, ces restrictions seront cependant souvent secondaires.
Un positionnement tarifaire particulièrement agressif
Le positionnement du RetroTINK-6X CE est probablement son argument principal.
Au moment de son lancement :
RetroTINK-2X Pro : 139,99 $
RetroTINK-6X CE : 230 $
RetroTINK-5X Pro : 325 $
RetroTINK-4K CE : 475 $
RetroTINK-4K Pro : 750 $
Le 6X CE se retrouve donc dans une position particulièrement intéressante.
Pour 230 dollars, il apporte une bonne partie de l’architecture et des effets vidéo développés pour les modèles RetroTINK-4K.
Il vient également concurrencer des solutions comme le PixelFX Morph 2K, lui aussi positionné autour de 200 dollars.
Et le RetroTINK-5X dans tout cela ?
Le célèbre RetroTINK-5X Pro ne disparaît pas immédiatement.
RetroTINK continue officiellement à le proposer et prévoit de continuer à transférer certaines améliorations logicielles lorsque son matériel le permet.
Mais le constructeur prépare déjà son véritable successeur.
Un futur RetroTINK-6X Pro a été confirmé.
Il devrait reprendre le positionnement du 5X Pro avec des fonctions supplémentaires, notamment pour le traitement de sources analogiques anciennes et les usages liés à la préservation vidéo.
Les caractéristiques complètes n’ont cependant pas encore été dévoilées.
L’avis du Rétro Computing Club Adour
Pour les passionnés utilisant encore leurs ordinateurs et consoles d’origine, le RetroTINK-6X CE semble particulièrement bien positionné.
Il ne remplacera évidemment jamais le charme d’un véritable moniteur Commodore 1084, d’un écran Amiga ou d’un bon téléviseur CRT.
Mais les tubes cathodiques deviennent progressivement plus rares, encombrants et difficiles à entretenir.
Pouvoir connecter un Amiga, un Atari ST, un C64, une Mega Drive ou une PlayStation sur un écran moderne tout en conservant une image respectueuse du matériel original devient donc de plus en plus important.
À 230 dollars, le RetroTINK-6X CE pourrait constituer un excellent compromis entre les scalers relativement simples et les très coûteux processeurs vidéo 4K.
Pour un club de rétro-informatique, il présente également un intérêt évident : un seul appareil peut servir à tester et présenter un grand nombre de machines différentes sur un vidéoprojecteur, un moniteur ou un téléviseur moderne.
Et dans notre domaine, où une machine de 1982 peut côtoyer une console de 1998 lors de la même exposition, cette polyvalence est loin d’être anecdotique.
en savoir plus : https://www.retrotink.com/shop/retrotink-6x-ce